mardi 23 janvier 2018

Voyager : Venise, janvier




Dans la ville en vacance,
des travaux de maintenance
des rayons qui dansent
sous le pas lent des passants.

lundi 22 janvier 2018

Vivre : un deux trois soleil!



Ils pleuvent parfois
comme des sucres d'orge
des moments glucose

des facéties de l'hiver.

jeudi 18 janvier 2018

Regarder : Giotto, le renouveau


Déploration Giotto / Cappella degli Scrovegni / Padoue

Cette déposition, une merveille d'équilibre :
La composition, parfaite.
L’innovation des postures et des gestes.
La dramaturgie, l'expression des visages.
L'harmonie des couleurs, la douceur des drapés.
C'était en 1303, l'émotion est toujours là.
Cette déposition, je ne m'en lasse pas.

mercredi 17 janvier 2018

Voyager : sur les traces du ragondin


Altichiero / Cappella San Giacomo / Padoue


Scoletta del Santo / Padoue

Tandis que je parcourrai les rues de la ville
que je retrouverai d'anciennes connaissances
sera-t-il encore là, lui, mon infatigable nageur ?

Pian della Valle / Padoue


mardi 16 janvier 2018

Vivre : la traversée de l'hiver / 18





Pendant cet accompagnement, fatalement, on est confronté à sa propre fin.
On s’interroge. On demeure pensif. Et triste aussi.

Mais, le plus dur, c’est quand on en vient à penser : surtout pas ça.

lundi 15 janvier 2018

Vivre : Still life / 37




Nos assiettes : blanches, tournées à la main dans une poterie toscane
Nos casseroles et nos couverts : tous de la même ligne sobre, inoxydable.
Nos verres : achetés par douzaines dans un grand magasin suédois, un de cassé dix de retrouvés.

Il n’y a que nos tasses qui font tache : toutes dépareillées, des élues, des rescapées, 
de brocantes en artisans, de coups de cœurs en coups d'éclats, 
le moment du café devient un bric-à-brac coloré. 

dimanche 14 janvier 2018

Lire : les amours contrariées





Comme il était entendu que Wen ne logerait pas à l’université, nous sommes allés passer deux ou trois nuits à l’hôtel des Collines parfumées. C’étaient à l’époque de jolies bâtisses de brique grise, sans étages. Deux rangées de chambres donnaient sur une cour allongée. On se lavait dans la cour, mais il y avait des salles de bains. A peine installés, nous avons eu la visite de deux policiers, c’était en début de soirée. L’un, qui s’était posté sur le pas de notre porte, a crié à l’autre, qui était resté à l’entrée de l’hôtel : Yige waibin, Yige neibin ! littéralement : un hôte du dehors (un étranger), un hôte du dedans ! Nous avons produit notre certificat de mariage. Ils étaient certainement avertis de notre venue, mais voulaient se montrer. Nos nuits : selon le conseil de Stendhal, je saute le bonheur. [p. 69 (ça ne s’invente pas)]

Jean-François Billeter, éminent sinologue suisse, vient de publier aux éditions Allia ce petit livre dans lequel il raconte la rencontre de sa femme Wen et l'aventure rocambolesque de leur mariage dans la Chine du milieu des années 1960. Parti comme étudiant à l'université de Pékin pour y approfondir ses connaissances de la langue, il fait la connaissance d'une jeune femme médecin. Mais cette idylle naissante se heurte à toutes sortes d'oppositions : les Chinois ne sont pas censés entretenir de relations personnelles avec des étrangers. Pour se tirer de cette situation dangereuse et complexe, il doit introduire une demande de mariage en bonne et due forme. C'est le début de toute une série de tracas et d'une histoire d'amour que la mort même n'a pas su interrompre. L'écriture est sobre : une page de l'histoire de la Chine racontée par le biais de quelques tranches de vie. A travers quelques descriptions retenues (une longue tresse noire sur laquelle il a tiré d'un coup ferme lors de leur première rencontre, une pèlerine vert pomme portée lors d'une balade pluvieuse, une prompte répartie face aux questions de policiers fureteurs), on devine la beauté et la force de caractère de la jeune femme qui sourit sur la couverture.
Wen est décédée en 2012, mais elle accompagne toujours J.F. Billeter. C’est cette présence continue qu’il retrace dans Une autre Aurélia, texte qui attend sagement sur ma pile et que j'ai hâte de découvrir.



samedi 13 janvier 2018

Voir : l'apaisement


Drop / Tom Shannon / Chateau Lacoste / Le Puy-Sainte-Réparade

Le lac : 
une mer d’huile
que les nuages
viennent caresser.

vendredi 12 janvier 2018

Vivre : dialogue sentimental


Sarcophage des époux / Villa Giullia / Rome


Il m’a demandé si je souffrais de solitude. Il a insisté : la solitude me faisait-elle souffrir parfois ?
Je l’ai regardé intensément : beaucoup moins que certaines présences.
A vrai dire : beaucoup moins que la plupart des présences.
En envisageant la question sous un autre angle,
il me semblait que je me sentais bien plus privilégiée par la solitude,
que par la présence d’autres personnes à mes côtés.

(si ce n’était la sienne naturellement, ai-je ajouté, amoureusement).

jeudi 11 janvier 2018

Lire : le monde de Cosey



Dans les BD de Cosey, il y a les voyages, les paysages,
les ouvertures, les rencontres.
Il y a les visages, les regards, 
et cette faculté essentielle de camper un personnage
en une seule bulle, en une seule case.
Keo, incroyable enfant fuyant les Khmers,
 avec un rêve d'Amérique au fond des yeux, 
sera le chemin qui sauvera Art, le vétéran, de son enfer.


Le voyage en Italie / Cosey / Dupuis / 1988 / réédité en version intégrale : 2017



mercredi 10 janvier 2018

Vivre : la traversée de l'hiver / 17




Durant trois mois, arrivant à la gare de G., je montais dans le bus numéro 31, dont la ligne parcourait la moitié de la ville avant de parvenir à ce déplorable hôpital perdu dans la nature. Voici qu’à présent je bifurque directement à gauche, dans une rue animée où se trouve l’établissement appelé « résidence ».

L’accompagnement vers la fin, c’est un peu comme un accouchement à l’envers. Un travail s’accomplit, dans la douleur, avec sollicitude, avec fatigue aussi. C’est un travail exténuant, non dénué d’exaspération et de désespoir, ponctué de brèves pauses, pour reprendre son souffle. Contrairement à l’accouchement, on n’a rien choisi. On ne se réjouit pas des perspectives. On n’entrevoit pas les étapes à venir avec joie et fierté.

Parmi tous les lieux communs entendus durant cette période : Une mère, on n’en a qu’une seule. Vous serez contente de l’avoir fait. Ses sautes d’humeur, il faut la comprendre, c'est la démence, ce n'est pas elle. C'est bien, ce que vous faites pour elle.

Les il faut, les c’est comme ça ont toujours eu le don de me faire sortir de mes gongs. Il n'y a rien d'empathique ou de compassionnel dans les phrases toutes faites. Elles ont tout de même un immense avantage : la tristesse se muant en rage, je récupère des énergies dont j'ai le plus grand besoin. 

mardi 9 janvier 2018

Vivre : rendre son tablier


Rue des cinq Diamants / Paris / 2013

Mieux que rien c’est pas assez.
Un mois après avoir affiché la petite carte
Bien en vue sur mon ordinateur

J’avais fomenté un plan d’évasion radicale.

lundi 8 janvier 2018

Vivre : en assise


Madone (détail) / Bergognone / Accademia Carrara / Bergamo

Peut-être est-ce ce frottement léger du lainage contre ma peau ?
Le silence étonnant du dehors (pas un cri pas un oiseau) ?
La douce mélopée de la chaudière au dedans ?
L’absence de clarté sous mes paupières closes ?
Des froissements imperceptibles dans l’air ?
 Des émanations de cuisine bourgeoise ?

J’ouvre les yeux après ce qui m’apparaît comme un très long moment : 
l’ombre s’est faite à peine plus légère, les contours à peine plus précis.  
A travers tout un ensemble de perceptions, à travers ma respiration
j’ai perçu l’heure, et la saison, et la température de mes émotions.

dimanche 7 janvier 2018

Lire : suivre celles qui regardent


Livre paru aux éditions Rhubarbe

Une perle, une merveille que ce petit livre dévoré (ou plutôt devrais-je dire : bu comme du petit lait?).
Ce dialogue entre deux artistes, l'écrivaine et la graveuse, racontant plusieurs histoires, à travers l'histoire d'une recherche de maison, au fil d'un cheminement finement ciselé. L'habitat comme opportunité de parler du sens de la vie, de l'attention aux choses. Le style est épuré, poétique. Un livre à garder précieusement, pour le relire et le relire encore.

J’aime croire qu’un simple jardin puisse contenir en résumé tout ce qu’un homme est en devoir de comprendre et d’attendre. Limiter le monde à quelques mètres, est une fuite ou une préparation à l’ouverture ? Trop souvent il m’a semblé que la course en avant menait à des impasses : l’agitation, la consommation, le plaisir immédiat. Tout ce qui devrait donner à l’homme le sentiment de sa toute puissance, le rend en fait d’une infinie fragilité. Je mise, comme Nan Shan*, sur le retrait.[p.51]
 *Auteur de "Dresser des pierres et planter des bambous", éd. Les deux Océans, 2002

samedi 6 janvier 2018

Vivre : l'épreuve




Comme pour les humains, les tempêtes passent
Révèlent les fragilités, les faiblesses masquées,
Laissent sur les berges leurs longues traces.

vendredi 5 janvier 2018

Vivre : la tendresse des jours


Fresques bibliothèque de la cathédrale (détail) / Pinturicchio / Sienne

C’est une soirée ordinaire.
Je lève la tête et remarque les deux bougies, près du sofa.
Ce n’est pas moi qui ai pensé à les allumer.
Souvent, je ne pense pas à ces choses-là.
C’est lui, en passant, furtivement.
Elles font partie de ces attentions aériennes,
preuves quotidiennes de son amour.

jeudi 4 janvier 2018

Vivre : de plus belle




Après ces jours dits « les Fêtes »
s’ébrouer
vivement
pour repartir de plus belle.


mercredi 3 janvier 2018

Vivre : l’art de clore



La mère de Patti Smith disait que ce qu’on fait le 1er janvier préfigure ce que l’on fera le reste de l’année.**
Il est aussi possible que ce qu’on fait durant le dernier jour d’une année préfigure ce que sera la prochaine.
Ma main sur la joue de cette vieille femme endormie.
Cet homme, ce simple héros, cette présence lumineuse au cœur de la perte et du silence.
Et puis ces deux personnes, patinées par l'âge, qui ont bien voulu me confier quelques tranches de leur vie.
Et le soleil qui a daigné se déployer en orange et en carmin, tandis que défilait le paysage,
Et ces cahiers qui se sont laissés ouvrir sur de prenantes perspectives,
Et au fond de moi cette certitude d’avoir mené à bien ce que j’avais à faire.
Livre ouvert, yeux grands ouverts, dans un wagon qui roulait sur la bonne voie.



**Just kids, Folio, p. 293

mardi 2 janvier 2018

Habiter : face à la chaîne





La blancheur peut être grise, bleue, rose.
Laiteuse, cassée, givrée.
Platine, métallique, argentée.
Et même, à l'occasion : immaculée.


lundi 1 janvier 2018

Vivre : comme des enfants explorateurs

Giuseppe Palumbo / Visioni del Sud Salento 1907-1959 / Otranto /  2017


Que 2018 porte à partir, à capter, à découvrir
Avec un regard de voyageur, un regard d’enfant explorateur
Un œil neuf et audacieux posé sur les petites et grandes choses de la vie
Pas nécessairement loin, pas forcément vite
Pas après pas, moment après moment
Et puis, naturellement, qu’elle invite à revenir,
Rentrer chez soi, pleins d’expérience et de projets.
En devenir.