dimanche 30 juillet 2017

Vivre : du temps pour soi


Arles / entrée cloître St-Trophime

C’est une habitude désormais, c’est toujours en voyage.
Je lorgne à travers la vitrine, j’entre et je demande s’il y aurait une possibilité.
Il s’agit seulement de couper deux centimètres, ma tignasse se débrouille pour le reste.
Là, c’était une enseigne un peu kitsch, rose et mauve, sur une avenue à grand trafic.
En cette fin d’après-midi, mes pieds et mes pupilles déclaraient forfait
et celui annoncé sur la devanture paraissait très attractif.
Une femme tout sourire m’a priée de m’asseoir : elle en avait pour une minute.
Faites, faites, j’ai dit en me lovant dans un fauteuil en skaï.
Assise devant un miroir, une jeune fille pâle recevait un soin. Tête penchée, docile,
elle gardait obstinément les yeux baissés sans émettre le moindre son.
Une solide blonde d’âge moyen avait rangé son chariot de courses à l’entrée
et se redressait avec panache à mesure que tombaient ses lourdes mèches oxygénées.
Elle était venue avec sa copine Malika, à qui on faisait une coloration.
La première était aussi enrobée et paisible que l’autre était menue et agitée.
On entendait dans le salon : non, Malika, encore vingt cinq minutes. Non, Malika, c’est pas encore l’heure.
Malika se levait, sortait du salon, revenait, demandait quand ce serait terminé.
Pour finir, on a entendu une sonnerie et l’apprentie a dit : c’est Malika : elle a avancé la minuterie.
On se sentait bien dans ce salon sans chichis.
Cheveux balayés vite fait. Radio locale en fond sonore. Conversations sans intrusion.
Ça sentait la ménagère qui prend un moment pour elle
(et Malika apparemment avait un peu de peine).
Ça sentait la femme qui jongle, qui donne, qui s’active.
Mais aucun stress dans l’air,
juste la certitude que de toute façon ce qui devait être fait allait se faire.

Et que tout était bien. 

2 commentaires:

  1. Je ne sais pas si je pourrais faire ça, entrer dans un salon de coiffure inconnu.
    J'ai trop galéré avec des coiffeurs qui m'avaient massacré la coupe.
    Mais j'aime bien l'ambiance que tu décris...
    ¸¸.•*¨*• ☆

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  2. ça fait un an maintenant, qu'à force de galères ici, j'entre chez des coiffeurs au hasard des voyages. Une fois, j'avais intitulé mon post * risquer sa tête". C'est vrai qu'il y a un peu de ça, ça peut être le massacre, mais c'est toujours intéressant. Il n'y a pas deux salons pareils (le quartier, la clientèle). Belle journée, Célestine! D.

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