jeudi 19 mai 2016

Lire : A piedi


Paolo Rumiz est un journaliste et un écrivain voyageur né à Trieste, que j'ai découvert l'an dernier, quand il a reçu le prix Nicolas Bouvier au Festival Etonnants-Voyageurs à Saint-Malo, pour son livre Un phare, voyage immobile. Il y racontait quelques semaines passées dans un phare, sur une île perdue quelque part entre les Pouilles et la Croatie. Comme c'est un excellent observateur et un narrateur captivant, il a su faire de cet intermède dans sa vie un véritable compte-rendu de voyage personnel et géographique.
Après cette délicieuse découverte, j'ai tout de suite eu besoin de lire quelques uns de ses autres bouquins (car Rumiz est un écrivain prolifique et original, dont je reparlerai sans doute prochainement). Je les ai chargés sur ma tablette, histoire de les emmener en vadrouille avec moi. A piedi est un tout petit livre destiné aux enfants (dès dix ans) mais qui s'adresse naturellement à un public bien plus large. Rumiz y raconte un voyage d'une semaine qu'il a entrepris seul, à pied, un jour où le besoin de partir était devenu trop pressant. Il a rallié Trieste à Pula, à la pointe méridionale de l'Istrie en empruntant des chemins de traverse.
Dans ce livre, il s'adresse à son jeune public, en lui prodiguant des conseils basiques et en faisant quelques remarques profondes et simples sur ce que signifie l'art du voyage. C'est devenu un de mes livres doudou, un de ceux que j'aime garder près de moi pour en relire à l'envi des passages, comme celui-ci :

La nostra testa è cambiata. L'uomo che non cammina perde la fantasia, non sogna più, non canta più et non legge più, diventa piatto e sottomesso, e questo è esattamente ciò che il Potere vuole da lui, per governarlo senza fatica, derubarlo di ciò che Dio gli ha dato gratuitamente, e bombardarlo di cose perfettamente inutili a pagamento. Chi cammina, invece, capisce, parla con gli altri uomini, li aiuta a reagire e a indignarsi contro questa indecorosa rapina che ci sta impoverendo tutti quanti. Il semplice fatto di mettere un piede davanti all'altro con eleganza, di questi tempi, è un atto rivoluzionario, una dichiarazione di guerra contro la civiltà maledetta dello spreco.

Notre tête a changé. L’homme qui ne marche pas perd son imagination, il ne rêve plus, ne chante plus et ne lit plus, il s’aplatit et devient soumis, et c’est exactement ce que le Pouvoir veut de lui, pour être en mesure de le gouverner sans peine, de lui dérober ce que Dieu lui a donné gratuitement, et le bombarder de choses parfaitement inutiles et qui se monnaient. Celui qui marche, en revanche, comprend, parle avec d’autres êtres humains, il les aide à réagir et à s’indigner, contre ce rapt inconvenant qui est en train de nous appauvrir, tous, tant que nous sommes. Le simple fait de mettre un pied devant l’autre avec élégance, par les temps qui courent, est un acte révolutionnaire, une déclaration de guerre contre cette maudite civilisation du gaspillage.








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