lundi 26 juin 2017

Habiter : moins pour plus





 Aimer débarrasser.
Nettoyer, trier, donner, jeter.
Être inspirée davantage par le moins que par le plus.

Minimaliste. 
Pour générer espace et lumière.

dimanche 25 juin 2017

Vivre : petite scène de vie conjugale



Quelque part en Toscane

Je vois dans la rue cet homme encore jeune, le visage buriné, qui tend sa casquette à la sortie d’un grand magasin. Pourquoi ai-je envie – presque besoin – de lui donner quelque chose ? Sans doute parce que, dans sa demande, il garde  un air digne. Il se tient sobre et silencieux. Noble. Parce qu’il y a tous ces sacs, au moins cinq, six, suspendus à son vélo, appuyé contre la façade.


Je m'interroge, comme toujours: d’où vient-il, quelle est son histoire ? Mais, j'hésite. Je suis chargée de nos courses. Il fait chaud et lourd. Mon porte-monnaie est tout au fond de mon cabas. Je ne suis pas sure d’avoir suffisamment de piécettes, j’ai tout dépensé au marché. Et puis… il y a tellement de musiciens, de mendiants en ce samedi…non, finalement,  j’avance.
J’avance tout en regrettant d’avancer.

Je le dépasse. Je fais un pas, puis deux, puis trois.

Et j’entends R. à côté de moi me dire : attends, je veux juste aller lui donner une pièce, à l’homme, là, derrière sur le trottoir.

Plus tard, je demande à R. : pourquoi? A cause de son vélo. C’est un voyageur.

Certes, on aime les gens pour leurs qualités, leurs traits de caractère émouvants. Mais, des fois, je me dis qu’on les aime aussi pour de petits détails pas très saillants, pour une pièce de deux francs. 


samedi 24 juin 2017

Lire : aimer la forêt et le vol fou des geais





Pour mon anniversaire, j’ai reçu Cœur de bois.
Cœur de bois ou comment survivre à ses blessures d’enfance.
Comment être plus forte que le désespoir,
comment ne pas se laisser détruire par le mal subi.
Un texte court. Sobre. Efficace.
Une histoire qui peut trouver des échos en chacun/e.
L’histoire d’une victoire de la vie.
Une victoire qui a un prix 
(le dessin est sombre, il fait un peu peur,
il est comme trempé dans la mémoire). 
Mais une belle victoire quand même:

"Aujourd'hui vous êtes seul, et je ne le suis pas. 
Vous êtes malheureux, et je ne le suis pas.
Vous êtes fragile, et je ne le suis plus.
Vous m'avez dévorée hier. Je viens me promener avec vous aujourd'hui.
C'est que j'aime profondément la forêt, l'odeur du sous-bois,
le soupir des arbres, le vol fou des geais. 
Vous ne m'avez pas pris cela. J'ai des lendemains radieux."


Texte : H. Meunier / Illustrations : R. Lejonc / Editions notari


vendredi 23 juin 2017

Regarder : sur la route





Un petit tableau de Gauguin.
La route montante.
1884.
Peint dans les environs de Rouen.
Un petit tableau,
peu connu,
mais...
quand on s'approche...
et qu'on se penche...
allumée, la route
allumée, l'herbe.
Une explosion de couleurs.






Collection Bührle / exposé à la fondaton l'Hermitage

jeudi 22 juin 2017

Voyager : partir à la découverte




A chaque fois que j’entends
les accords de Veridis quo,
je me souviens, cette excursion à Mljet.
Le vent à l’aller, le vent au retour.
Le tangage incessant.
durant toute la traversée,
nos corps projetés en arrière en avant,
sautillant, oscillant à contretemps.
Dans cet univers bleu :
bleu, le bateau, bleu le ciel,
bleues les vagues, bleues les îles,
bleu, un linge, 
bleus, tes yeux,
le regard porté sur la mer,
scrutant le large,
la traversée comme une attente,
une longue tension, 
avec des variations bleues.



mercredi 21 juin 2017

Vivre : love story


En vitrine à Chania


Ce matou.
Noir. Blanc.
Fuyant.
Vivant dieu sait où.
Esquivant toute approche.
Farouche.
Passant son temps
à chasser et à prospecter
près des cerisiers.

Candide
(se croyant bien caché
quand il planque son museau
dans le pré)
Ce chat,
oui, ce chat un peu bête,
ce chat pas très liant, ce matou un peu filou,
un peu casse-cou,
je l’adore. 

mardi 20 juin 2017

Vivre : la traversée de l'hiver / 9


Léman depuis Ouchy

Ecouter la voix de la sagesse :

« Vous pouvez diriger la bonté aimante vers vos parents, qu’ils soient vivants ou morts, en leur voulant du bien, en souhaitant qu’ils ne se sentent pas seuls ou souffrants, en leur rendant hommage. Si vous vous en sentez capables et que cela vous semble bénéfique, et libérateur pour vous, faites une place dans votre cœur d’où vous leur pardonnerez leurs préjugés, leurs peurs, leurs mauvaises actions et le mal qu’ils vous ont fait. Souvenez-vous du vers de Yeats : «  Et comment pouvait-elle faire autrement, étant donné ce qu’elle est ? »

[…] En invoquant de semblables sentiments dans notre pratique, nous repoussons les limites de notre propre ignorance, tout comme dans le yoga nous étirons nos membres contre la résistance des muscles, des ligaments, et des tendons. Ainsi, dans cet étirement, aussi douloureux qu’il soit parfois, nous nous développons, nous grandissons, nous nous transformons, nous transformons le monde. » ***


Et, comme chaque semaine, prendre le train. 


*** Jon Kabat-Zinn, Où tu vas tu es.